Vivre en Occitanie : quelle ville idéale choisir ?
Montpellier, Place de la Comédie en soirée. L’Occitanie est une vaste région du sud de la France issue de la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées en 2016. S’étendant des plages de la Méditerranée jusqu’aux sommets des Pyrénées, il s’agit de l’une des plus grandes régions françaises par la superficie (plus de 72 000 km²) et elle abrite environ 6 millions d’habitants. Elle compte deux métropoles principales : Toulouse, la quatrième ville la plus peuplée de France, et Montpellier, qui connaît une forte croissance démographique ces dernières années. À elles deux s’ajoute tout un réseau de villes moyennes (Nîmes, Perpignan, Béziers, Albi, etc.) qui structurent le territoire.
Cette région présente un cadre de vie réputé convivial et chaleureux, avec un climat globalement ensoleillé et une culture marquée par l’influence occitane et catalane. La vie y est souvent décrite comme plus détendue qu’à Paris, et de nombreuses festivités culturelles animent le territoire tout au long de l’année. Occitanie est aussi un territoire contrasté, mêlant des zones littorales très touristiques, des campagnes paisibles, des vignobles réputés et des zones de montagne propices aux sports d’hiver. Ce mélange unique, combiné à un coût de la vie plus doux qu’en Île-de-France, explique que l’Occitanie attire chaque année de nouveaux habitants en quête d’un meilleur équilibre de vie.

Les guides des villes en Occitanie
Les avantages d’une vie en Occitanie
- Un climat ensoleillé et des paysages variés : L’Occitanie fait partie des régions les plus ensoleillées de France, avec plus de 300 jours de soleil par an en moyenne. Les hivers y sont généralement plus doux qu’en Île-de-France. De plus, la diversité géographique est remarquable : du littoral méditerranéen aux montagnes des Pyrénées en passant par les plateaux du Massif central, il y en a pour tous les goûts en termes de paysages. On peut profiter des plages et de la mer l’été, tout en ayant accès aux stations de ski l’hiver dans les Pyrénées ou les Cévennes, sans oublier les parcs naturels (Pyrénées, Cévennes) pour les amateurs de nature.
- Une qualité de vie et une ambiance conviviale : La région est réputée pour sa douceur de vivre. Les Occitans sont accueillants, et on retrouve une ambiance plus détendue qu’à Paris, avec des terrasses animées, des marchés de producteurs locaux et un rythme de vie moins stressant. La vie culturelle locale est riche : on dénombre de nombreux festivals (jazz, musique électronique à l’Electrobeach, feria de Nîmes, Festival de Carcassonne, etc.) et fêtes traditionnelles tout au long de l’année. Le patrimoine historique est également un point fort, avec des cités médiévales remarquables comme Carcassonne, Albi ou Nîmes et de nombreux monuments romains ou cathares. Les amateurs de gastronomie y trouveront aussi leur bonheur grâce aux spécialités régionales (cassoulet, aligot, foie gras, vins du Languedoc, etc.).
- Un coût de la vie plus abordable (notamment le logement) : S’installer en Occitanie permet généralement de réduire sensiblement ses dépenses quotidiennes par rapport à la vie parisienne. L’immobilier y est beaucoup moins cher qu’à Paris : par exemple, le prix moyen au m² pour l’achat d’un appartement est d’environ 3 500 € à Toulouse (et ~3 000 € à Montpellier), alors qu’il dépasse 9 500 € le m² en moyenne à Paris. Louer un grand logement familial devient envisageable : un appartement de 100 m² se loue aux alentours de 1 200 € par mois à Toulouse, montant impensable dans la capitale. Au-delà du logement, le coût des loisirs, des transports du quotidien ou même de l’alimentation locale (notamment grâce aux circuits courts et producteurs régionaux) est généralement plus doux qu’en Île-de-France. Votre pouvoir d’achat quotidien peut donc y être nettement amélioré.
- Un dynamisme économique et des opportunités d’emploi locales : Contrairement à certaines idées reçues, l’Occitanie n’est pas qu’une région touristique ou agricole, elle dispose aussi de pôles économiques de pointe. Toulouse est le siège de la filière aéronautique européenne avec le groupe Airbus et plus de 800 entreprises du secteur, générant environ 80 000 emplois dans la région. Montpellier de son côté s’est illustrée dans le numérique : la ville accueille des entreprises tech d’envergure (IBM, Dell, Ubisoft, etc.) et a su développer un écosystème de start-ups innovantes, au point d’être considérée comme l’une des capitales européennes de l’informatique et du jeu vidéo. Plus largement, la région est entrepreneuriale, c’est la 1ère région de France pour la création d’entreprises, et présente un tissu économique varié. On y trouve un important secteur agricole et viticole (première région bio de France par le nombre de producteurs), un secteur touristique porteur (4ᵉ destination touristique du pays) et de nombreuses PME dans les services. Pour les actifs en télétravail ou les entrepreneurs, ce dynamisme est un point positif, d’autant que les deux grandes villes offrent des connexions rapides vers Paris en cas de besoin (TGV ou vols quotidiens).
- Une région à taille humaine, avec de la place et de la nature : Quitter l’hyper-densité parisienne pour l’Occitanie, c’est retrouver de l’espace. Les villes, même Toulouse, sont moins étouffantes que Paris et laissent plus de place aux espaces verts, aux jardins et à la nature proche. Il est plus facile d’accéder rapidement à la campagne ou à des sites naturels depuis chez soi. La région étant moins peuplée (densité d’environ 85 hab/km², bien inférieure à l’Île-de-France), on bénéficie d’infrastructures moins saturées : moins de foule dans les transports en commun urbains, moins d’embouteillages (sauf quelques axes aux heures de pointe dans les grandes agglomérations) et globalement un sentiment de liberté accru. Ce cadre plus calme et sain est idéal pour élever une famille ou tout simplement gagner en qualité de vie au quotidien.
Les inconvénients d’une vie en Occitanie
- Un marché de l’emploi plus restreint et un taux de chômage élevé : L’Occitanie souffre d’un chômage structurellement au-dessus de la moyenne nationale. Fin 2024, le taux de chômage régional atteignait 8,7 %, ce qui en fait, à égalité avec les Hauts-de-France, l’une des régions les plus touchées de France. Certaines zones en particulier concentrent des difficultés économiques : par exemple, le département des Pyrénées-Orientales affichait un taux de chômage record d’environ 12 % fin 2024. En dehors des pôles dynamiques de Toulouse et Montpellier, l’économie régionale crée moins d’emplois, et il peut être difficile de trouver du travail dans certains bassins (notamment les ex-territoires industriels ou les zones rurales enclavées). Les opportunités professionnelles sont donc moins diversifiées qu’à Paris : les secteurs très spécialisés ou de niche peuvent y être sous-représentés. Il est conseillé d’anticiper son projet professionnel (mutation, télétravail, reconversion…) avant de s’installer, sous peine de connaître des déconvenues à l’arrivée.
- Des salaires plus faibles qu’en Île-de-France : Corollaire du point précédent, il faut s’attendre à une baisse de revenu moyen en quittant Paris pour l’Occitanie. Le salaire moyen dans la région tourne autour de 2 400 € nets par mois, contre plus de 3 300 € nets en Île-de-France. Cet écart significatif (environ 25 % de moins) s’explique par la nature des emplois locaux, souvent moins bien rémunérés qu’en région parisienne, et par le fait que Paris concentre de hauts salaires dans les secteurs financiers, technologiques ou culturels. Concrètement, un Parisien qui « descend » en Occitanie devra souvent accepter un salaire moindre pour un poste équivalent. Cela étant, le coût de la vie plus bas vient atténuer cette perte de pouvoir d’achat, et nombreux sont les ménages qui trouvent malgré tout un solde positif dans l’opération. Mais c’est un point à considérer dans son budget : les progressions de carrière peuvent également être plus lentes ou limitées selon les secteurs une fois établi en province.
- Éloignement de Paris et déplacements : S’installer en Occitanie, c’est aussi se éloigner du centre névralgique qu’est Paris. La région est située à plus de 600 km de la capitale, et même si les transports se sont améliorés, le temps de trajet reste conséquent. Par exemple, le train Paris-Toulouse dure environ 4h10 dans le meilleur des cas (TGV via Bordeaux), et d’autres départements occitans sont encore plus longs à rallier (pas de ligne à grande vitesse directe pour Montpellier avant 2028, l’Aveyron ou le Lot sont très loin du réseau TGV, etc.). L’avion peut certes compenser pour Toulouse ou Montpellier (environ 1h10 de vol entre Paris et Toulouse), mais cela implique un coût et une organisation particulière, sans parler de l’empreinte écologique. Cet éloignement peut rendre les allers-retours vers la famille restée en Île-de-France plus difficiles ou moins fréquents. Au quotidien, être loin de Paris signifie aussi un accès moins direct aux événements majeurs qui s’y déroulent (grands salons, concerts internationaux, etc.), même si la vie locale offre d’autres compensations.
- Mobilité locale et infrastructures inégales : En dehors des deux métropoles principales, le réseau de transports en commun est moins dense qu’en région parisienne. Beaucoup de zones rurales ou petites villes ne sont pas bien desservies par le train et disposent de peu de bus. La voiture est souvent indispensable pour les déplacements quotidiens dès qu’on s’éloigne des centres urbains. Cela peut représenter un changement pour des ex-Parisiens habitués à la facilité du métro/RER pour se déplacer sans véhicule. La région a beau investir dans des solutions de mobilité (lignes TER liO à 1€ ou 2€ le trajet, covoiturage encouragé, etc.), la dépendance à l’automobile reste une réalité pour une bonne partie des habitants, compte tenu de l’étendue du territoire. Par ailleurs, certains services qui vont de soi en Île-de-France peuvent être moins accessibles ici : par exemple, les trajets domicile-travail peuvent être plus longs en l’absence d’autoroutes ou de trains rapides dans certains secteurs, et les zones les plus isolées souffrent de « déserts » médicaux ou administratifs (difficulté à trouver un spécialiste de santé, à renouveler des papiers sans faire de longs trajets, etc.). Il faut donc être prêt à accepter une organisation différente de son quotidien, avec plus de temps de route pour certaines activités essentielles.
- Quelques aspects du climat à double tranchant : Si le soleil est un argument de vente de l’Occitanie, il peut aussi se montrer ardent en été. Les vagues de chaleur estivales y sont plus marquées qu’à Paris (il n’est pas rare de dépasser les 35°C plusieurs jours d’affilée en juillet-août dans l’arrière-pays ou la plaine toulousaine). Cette forte chaleur, couplée à une sécheresse estivale prononcée, peut rendre l’été éprouvant et poser des problèmes (restrictions d’eau, risque d’incendies dans les garrigues ou pinèdes, etc.). À l’inverse, l’automne apporte parfois des pluies torrentielles dans le Gard, l’Hérault ou l’Aude, on parle d’épisodes cévenols, pouvant causer des inondations locales soudaines. Ces phénomènes climatiques extrêmes, moins fréquents en Île-de-France, font partie du quotidien occitant : il faut y être préparé psychologiquement et matériellement (logements bien isolés contre la chaleur, vigilance en cas d’alerte météo, etc.). Enfin, certaines zones côtières très touristiques peuvent souffrir de surpopulation saisonnière en été (bouchons vers la plage, afflux de vacanciers), un détail à considérer si l’on choisit de vivre dans une station balnéaire prisée plutôt que dans l’arrière-pays plus calme.
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